Search

Rencontre avec Sheldon Decombe, de Sci-Bots


Sheldon Decombe, chef d’entreprise franco-ontarien et directeur général de Sci-Bots

L'entreprise Sci-Bots vise à optimiser certaines expériences en laboratoire grâce à des systèmes de microfluidique. Vous ne connaissez pas la microfluidique ? Vous n’êtes pas seul. Il s’agit d’une discipline ultraspécialisée portant sur la manipulation des fluides à très petite échelle, de l’ordre du microlitre (soit un millionième de litre !).


Alors que cette jeune pousse prometteuse de Kitchener vient de déménager à Toronto, son directeur général répond aux questions de Quartier d’affaires.


Quelle est l’activité de votre entreprise ?


Nous développons une nouvelle génération d’instruments pour automatiser et miniaturiser certaines expériences en laboratoire. En employant la microfluidique numérique, nous transformons les expériences en une suite d’instructions logicielles pouvant être optimisées, partagées en ligne et reproduites fidèlement, n’importe où au monde.


La possibilité de faire déplacer une goutte de liquide sur un circuit imprimé sans intervention humaine permet d’éliminer certains gestes répétitifs en laboratoire, en plus d’accroître la fiabilité des résultats.


Quel parcours vous a mené à la tête de cette entreprise ?


En France, j’ai obtenu un doctorat en biologie moléculaire et une maîtrise en administration des affaires. J’ai aussi travaillé dans le domaine de la recherche pour divers laboratoires.


De mon arrivée au Canada en 2020 jusqu’au début de 2022, j’étais chercheur au Wheeler Microfluidics Laboratory de l’Université de Toronto. C’est alors que j’ai rencontré deux anciens postdoctorants qui avaient créé Sci-Bots quelques années auparavant. Au fil du temps, j’ai commencé à m’impliquer dans leur entreprise à titre de consultant.


Comme les fondateurs de Sci-Bots se consacrent maintenant à d’autres projets, j’ai récemment repris le flambeau.


Avez-vous rejoint la plateforme Quartier d’affaires pour vendre vos produits au grand public ou aux entreprises ?


Notre clientèle est principalement constituée de laboratoires de recherche et d’autres entreprises. Cela dit, toute personne qui s’intéresse à la microfluidique peut acheter notre système de contrôle. Les gens peuvent même le construire eux-mêmes, puisque tous nos produits sont sous licence libre sur le site GitHub.


Souhaitez-vous à vendre à l’international ? 


Nous faisons déjà des affaires en Chine, en Corée, en Europe — principalement en Allemagne —, ainsi qu’aux États-Unis.


Nous voulons rendre notre instrument aussi disponible au plus grand nombre d’entreprises possibles afin de démocratiser l’automatisation dans les laboratoires de recherche.


Cherchez-vous des fournisseurs de services professionnels sur la plateforme de jumelage d’entreprises de Quartier d’affaires ?


Oui. Nous aimerions optimiser la fabrication de nos cartouches de microfluidique. Pour ce faire, nous cherchons un fournisseur capable de réaliser de la photolithographie et d’y appliquer une fine couche de fluoropolymère pour protéger les électrodes des liquides.


Nous aurions aussi besoin de services de publicité et de marketing afin d’augmenter notre visibilité, qui reste pour l’instant limitée aux sphères universitaires.


Est-ce que vous cherchez aussi d’éventuels partenaires ?


Nous sommes toujours à la recherche de partenaires, notamment pour transposer des processus existants en microfluidique numérique ou pour développer de nouvelles applications dans ce domaine.


À quels obstacles faites-vous face en tant que propriétaire d’une entreprise francophone en Ontario ? Et quels sont les avantages de faire des affaires en français ?


Pour moi, la francophonie est uniquement un avantage. Mon bilinguisme me permet d’explorer des opportunités auxquelles une personne unilingue anglophone n’aurait pas forcément accès.


De plus, quand on se trouve dans un environnement anglophone, faire des affaires en français peut créer une proximité avec les interlocuteurs francophones, car on partage la même langue et, dans une certaine mesure, la même culture.



Si vous souhaitez faire connaissance avec des compagnies comme Sci-Bots, inscrivez votre entreprise à Quartier d’affaires sur B2BeeMatch. C’est gratuit !