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Les PME franco-ontariennes préparent leur avenir


Un groupe de personnes souriantes, hommes et femmes, issues de diverses communautés, autour d’une table de réunion.

L’avenir de l’économie franco-ontarienne passera entre autres par l’entrepreneuriat des femmes et des personnes immigrantes.



Si vous lisez ce blogue à l’occasion, vous avez sûrement fait connaissance avec plusieurs PME franco-ontariennes.


Ces entreprises font partie d’une communauté unique, nettement minoritaire au sein d’une province canadienne majoritairement anglophone. État des lieux et vision d’avenir.


La moitié des entreprises francophones hors Québec


L’Ontario dénombre plus de 622 000 personnes francophones. Il s’agit de la plus importante population francophone au Canada, après celle du Québec.


Et qu’en est-il des entreprises francophones de la province ? La Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA), inaugurée au début de 2021, a dressé l’an dernier un portrait sommaire de l’économie franco-ontarienne.


Peu d’information existe au sujet des entreprises francophones en Ontario. La Fédération a donc colligé et extrapolé diverses données, ce qui a donné des nombres approximatifs comme ceux-ci :


Quelque 4,2 % des PME de la province sont francophones. C’est-à-dire que la langue maternelle de la personne principalement responsable de la prise de décisions est le français.


On estime que les données réelles pourraient être plus élevées. Toutefois, ce pourcentage représente déjà 18 875 entreprises, soit près de 50 % des compagnies francophones hors Québec. La grande majorité de celles-ci serait des PME.


Selon l’étude de la FGA, on retrouve le plus de PME francophones dans les secteurs suivants:

  • Industrie de l’information et industrie culturelle

  • Services immobiliers et services de location

  • Services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et services d’assainissement

  • Soins de santé et assistance sociale

  • Arts, spectacles et loisirs

Bon nombre de PME franco-ontariennes sont regroupées au sein d’associations locales ou provinciales. Plusieurs de ces groupes font maintenant partie de la FGA, qui compte tout mettre en œuvre pour favoriser le développement de leurs affaires.


Un environnement d’affaires dynamique


Plusieurs entreprises ontariennes mettent à profit la langue française pour prospérer en affaires. Le Réveil, finaliste des premiers Prix du commerce Ontario-Québec en francophonie l’an dernier, en est un exemple éloquent.


Quand elle a été fondée en 2015 par William Burton, un jeune étudiant, cette entreprise d’Ottawa proposait un calendrier de spectacles jeunesse francophones en Ontario.


Aujourd’hui, son objectif demeure le même, soit divertir ce public tout en lui permettant de célébrer son identité francophone. Cependant, elle le fait en produisant elle-même divers contenus culturels francophones en vidéo.


Au fil des années, l’entreprise a développé son savoir-faire pour devenir une maison de production prisée par le milieu de l’éducation. « Plus de 150 écoles offrent à leurs élèves notre formation, qui leur apprend comment développer une émission Web en direct », mentionne Kate Gilbert, gestionnaire de l’expansion.

Alors que Le Réveil souhaite étendre ses activités dans l’Ouest canadien, Mme Gilbert souligne à quel point la communauté franco-ontarienne a contribué à l’établissement de bases solides pour l’entreprise. « Si nous avons pu évoluer aussi rapidement, c’est que nous avons eu droit à des bourses, des prix et du soutien de plusieurs partenaires dans ce milieu. »


Kate Gilbert



« Nos vidéos culturelles en français, accessibles entre autres sur notre site Web et nos médias sociaux, ont généré plus de trois millions de visionnements », dit Kate Gilbert, de l’entreprise Le Réveil.








En plus de favoriser l’apparition de jeunes pousses francophones, l’Ontario attire sa part d’entreprises francophones de l’extérieur de la province. C’est le cas de Timechain, une compagnie montréalaise qui a ouvert un bureau torontois à l’automne 2021.


Son fondateur et PDG, Louis Cléroux, a mis sur pied un écosystème financier visant à faciliter l’achat, la vente et l’utilisation de cryptomonnaies. « Timechain est une alternative aux banques traditionnelles pour les utilisateurs de cryptomonnaies, souligne-t-il. C’était donc naturel pour nous d’être présents sur Bay Street, au cœur de l’industrie financière canadienne. »


Louis Cléroux



« En Ontario, c’est un avantage d’avoir accès à toute une communauté d’entrepreneurs francophones. Fréquenter leurs regroupements est une excellente façon de développer ses affaires sur ce territoire, affirme Louis Cléroux, de Timechain.







M. Cléroux envisage un avenir où toutes les monnaies du monde deviendront des cryptomonnaies. Son entreprise propose donc une application qui se veut un guichet unique pour l’utilisation de monnaies virtuelles. Timechain offre déjà divers services — achat, vente, investissement, etc. — et, bientôt, on pourra même y obtenir une hypothèque et d’autres types de prêts. Après moins de deux ans en affaires, sa vision commence déjà à porter fruit, apportant à la compagnie des revenus de 15 millions de dollars.


« Nous avons créé une technologie qui permet de réduire les frais de transaction de plus de 90 % », explique le PDG, avant de préciser que dans son entreprise, les réunions à teneur technologique se déroulent généralement en anglais. Cependant, les réunions de gestion ont lieu en français.


Des obstacles à surmonter


Dans son analyse de l’économie franco-ontarienne, la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario n’a pas constaté que des forces. Voici les lacunes fondamentales qu’elle a relevées :

  • On note un écart négatif d’environ 10 points de pourcentage entre la participation féminine à la propriété des PME francophones et celle de l’ensemble des PME ontariennes.

  • Quand on examine les personnes principalement responsables de la prise de décision au sein des PME francophones, le pourcentage de celles qui sont nées à l’extérieur du Canada est six fois moindre que dans l’ensemble des PME.

  • La proportion de PME francophones qui exportent à l’extérieur de l’Ontario est inférieure de six points de pourcentage à celle de l’ensemble des PME.

  • Près de six PME francophones sur dix sont gérées par des gens de 50 ans et plus, ce qui pourrait devenir préoccupant si la relève entrepreneuriale n’est pas assurée.


Soucieuse de la pérennité des PME franco-ontariennes, la Fédération souhaiterait vaincre ces obstacles au cours de la prochaine décennie.


Quatre cibles pour 2031


L’objectif de la FGA : maintenir la vigueur de l’économie franco-ontarienne et, ainsi, lui permettre de continuer d’offrir aux communautés des services commerciaux en français.


D’ici 2031, elle prévoit d’orienter ses efforts vers l’atteinte des quatre cibles suivantes :

  • que des femmes détiennent 45 % des PME francophones, en totalité ou en partie;

  • que des personnes immigrantes en détiennent 10 %;

  • que 13 % d’entre elles tirent profit de marchés à l’extérieur de l’Ontario;

  • et, finalement, qu’une stratégie visant la relève entrepreneuriale freine l’érosion de la proportion de PME francophones en Ontario.


Elle entend relever ces défis avec la collaboration de ses partenaires et, surtout, des gens d’affaires francophones.


« Au Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, en juin dernier, on a souligné l’importance du réseautage d’affaires entre francophones, relate Richard Kempler, directeur général de la Fédération. Pour que nos entreprises rayonnent, elles doivent se connaître, d’où l’intérêt de groupes comme le nôtre et d’outils comme Quartier d’affaires. »


Pour en savoir plus, vous pouvez lire le rapport de la FGA sur son site Web. Surveillez aussi la publication par la Fédération d’un livre blanc sur le sujet, plus tard en 2022. Celui-ci permettra sans doute de peaufiner les objectifs et de concrétiser les plans pour une économie franco-ontarienne forte et prospère.



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